Projection du film «Horoya, les indépendances africaines» – Sunjata Koly prête son art au débat

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Retour presse internationale – Le quotidien la Voie (Côte d’Ivoire)

«Horoya, les indépendances africaines», film de Soumaila Sunjata Koly sur la colonisation, l’indépendance et de démocratie en Afrique, a été diffusé le jeudi 18 octobre 2012, à 20 h 30, au Cinéma Nestor Burma. Cette belle salle de cinéma située dans le quartier de Celleneuve de Montpellier a mis à sa disposition son grand écran.

La séance a été présentée, selon lui, par Patrick Bedos, programmateur du Cinéma. «J’ai été tellement ému par ses propos. La rencontre avait une portée particulière suite au discours de François Hollande au récent sommet de la Francophonie, à Kinshasa, et à la reconnaissance du massacre de 1961 des manifestants pacifiques qui réclamaient l’indépendance de l’Algérie», a confié via Internet Sunjata.

24 OCTOBRE 2012

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SlateAfrique

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Qui êtes-vous Sunjata?

J’ai passé une bonne partie de l’année 2009 à Montpellier où j’étais en résidence à la Boutique d’écriture. J’étais en contact avec divers publics et moult institutions culturelles. J’ai organisé à Montpellier des rencontres avec des poètes comme le Sud-africain Dennis Hirson, des universitaires comme Anthony Mangeot et des musiciens comme Steve Potts, un natif de Columbus Ohio qui réside à Paris et propage en France l’art aérien de John Coltrane et de Billie Holiday. J’y ai fais la connaissance de Sunjata, un acteur culturel local. Et j’ai reconnu immédiatement le fils du dramaturge ivoirien Souleymane Koly, d’origine guinéenne, qui galvanisait le public ivorien du temps où Abidjan était une vitrine artistique d’importance. Sundjata a déjà joui de sept vies comme le chat de la légende. Ecoutons l’auteur du savoureux polar Kalachnikov Blues (aux indispensables Editions Vents d’ailleurs, 2009) nous parler de lui. Qui êtes-vous Sunjata? Je suis le fruit de la rencontre d’un metteur en scène guinéen et d’une comédienne sénégalo-malienne dans la troupe de théâtre parisienne Kaloum tam-tam. J’ai vu le jour dans un quartier populaire, Belleville. Quelques mois après ma naissance, mes parents m’ont embarqué avec eux à Abidjan, ville cosmopolite par excellence. Je suis donc un OGM, un Organisme Génétiquement Migrateur, citoyen de la Francoseneguinéecomali, un merveilleux pays-monde que je porte en moi. Un immense champs de vie qui ne cesse de s’enrichir de nouvelles contrées. (Mention spéciale pour le Brésil et la Chine) Qu’écrivez-vous ? Quel/s genre/s ? Dans quelle/s langue/s ?
J’écris des polars, je dirai même des romans noirs, des histoires de durs à cuire, de mauvais garçons, de tough necks, de loubards, de rude boyz. Des héros malgré eux, Robin des bois confrontés à la délinquance en col blanc et à la prédation internationale. Ma langue est celle des bas-fonds de la ville noire. Le français de Yopougon-la-bagarre ou d’Abobo-la-guerre, un sabir qui témoigne de la fureur de vivre envers et contre tout des jeunesses du tiers-monde. Le français est pour moi une langue vivante  enrichie par la créolisation du monde. De quelles influences vous réclamez-vous ? Africaines,  françaises, américaines, autres ? J’ai été façonné par le hip-hop. Cette culture m’a appris la conscience de soi et la prise de parole. Elle est venue parachever l’empreinte du black président Fela et  l’œuvre de Mohamed Ali. Refuser la posture de la victime, être un guerrier pour se surpasser et dire la diversité des imaginaires par tous les moyens nécessaires. J’ai eu le coup de foudre pour les soul fiction de Chester Himes, Iceberg Slim ou encore Donald Goines. Ils décrivaient des vécus de rue que je retrouvais à Treichville ou à la rue Princesse. Ces auteurs noirs de roman noir prouvaient que des fleurs pouvaient pousser dans la fange.L’art est-il une réponse à la barbarie? L’art parce qu’il est capable d’abstraction, émerveille, touche la part d’humain en chacun de nous.  Ces instants de communion sont autant de moments de paix volés au chaos de la barbarie. Vous déployez une impressionnante énergie dans divers secteurs socioculturels ? Quels liens entre cette activité et l’écriture pour soi?
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L’ancrage au réel est pour moi une source d’inspiration. Le regard du cinéaste ou du documentariste nourrit mon travail littéraire et vice versa. J’adopte la posture du ‘documenteur’, celle de l’artiste qui recycle le réel et puis, quelques fois la réalité dépasse la fiction. Vous vivez en France. Quel regard avez-vous sur ce pays ? Quelle est la place de l’Afrique de ton pays d’adoption? J’aime la France pour le projet ambitieux qui la fonde, cet idéal de liberté, d’égalité et de fraternité, J’adore ce pays même s’il traverse une crise de confiance. A chacun d’entre nous de lui insuffler notre vouloir vivre ensemble. A ceux de ma génération qui y croient, un conseil : n’écoutez pas les pseudos élites en panne d’inspiration, aller jusqu’au bout de vos rêves. La place de l’Afrique est en deçà des attentes que ce continent suscite dans l’imaginaire d’ici et d’ailleurs. Les contes et légendes, l’humour, la musique, la philosophie, les expressions chorégraphiques, les sciences politiques, les trésors de sa pharmacopée, tant de territoires en friche, à explorer et à donner en partage à ceux et celles qui veulent dépasser les clichés.

Article paru le 22/09/2015 sur SlateAfrique.fr écrit par Abdourahman Waberi

Revue de presse internationale

Retour presse sur un article paru en 2008 dans le Patriote (journal de Côte d’Ivoire) sur mon film Colonialisme.

CINÉMA : SOUMAÏLA KOLY SIGNE COLONIALISME – LA FRANCE D’AUJOURD’HUI SE REMÉMORE

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Il est le fils d’un célèbre comédien, dramaturge et metteur en scène : Souleymane Koly, le père de l’ensemble Kotéba. Mais, lui a choisi de se faire un nom, pardon un prénom dans le monde de la musique et du cinéma. Soumaïla Koly, c’est son nom, a commencé par émerger comme rappeur, sous le pseudonyme Sunjata . Après trois albums hip hop ( Rédemption 1997, Liste Noire 1999, Identités 2005), il se révèle ensuite comme réalisateur. Colonialisme , sa dernière réalisation, qu’il a écrite et produite, poursuit le débat sur la colonisation dans la France d’aujourd’hui, qui, pour rappel, a resurgi à la faveur de la polémique autour de l’article 4 de loi du 23 février 2005 portant sur les bienfaits de la colonisation. En 52 minutes, ce doc donne, à travers une galerie de portraits contemporains, la parole aux jeunes français d’origines diverses qui se prononcent, selon leur sensibilité, sur le passé colonial. Colonialisme se veut également une tribune citoyenne où des visages bien connus et respectés, notamment la députée de Guyane Christiane Taubira ou encore l’écrivain Alain Mabanckou, jettent un regard analytique sur la colonisation. Histoire d’interpeller les consciences sur la nécessité de construire une réelle mémoire sur le colonialisme. Avant Colonialisme , Soumaïla Koly Sunjata avait déjà réalisé un court métrage, Gaou (2002) et un long métrage documentaire, Identités (2004). Pour mémoire, Colonialisme a été il y a deux ans, en sélection officielle au festival international du Film d’Amiens et aux Journées Cinématographiques de Carthage (Tunisie).
YS